v'hé31.com

"Le ciel n'est pas moins bleu parce que l'aveugle ne le voit pas."

Voici le compte-rendu de nos vacances... Oui oui, il ne faut pas perdre de vue que le rythme était 'vacance’. Je vais le faire par jour et je vais essayer de faire ça bref, ne pas trop rentrer dans mes états d'âmes  .

Après une semaine assez difficile avant notre départ, nous avons réussi à partir avec tout ce qui nous fallait pour préparer notre voyage en cours de route soit un laptop plein de tracé GPS! L’appareil photo de mon père car celui de Martin est encore en réparation. Le résultat; mes films n'ont pas de son et certaines photos sont en noir et blanc… et naturellement les photos ne sont pas du tout à la hauteur de la beauté grandiose de notre parcours!

On embarque tout l'équipement de camping pour les au 'cas où'... mais surtout pour me rassurer je crois. Ayant aimé le 'set up' de ma moto lors du Raid de ce printemps, je redonne le même look à ma moto, quand ça marche ça marche! Pourquoi s'obstiner ?  


JOUR1
15 septembre 2008
Etant donné que...

départ de montréal vers 11hrs
coucher Sawyerville vers 19h00
376.4 km
moyenne déplacement 66.2km
temps de déplacement 5h41


Le trajet hors bitume a commencé au pont couvert de Notre Dame de Stanbridge.
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Nous avons suivi le tracé fourni gentiment par Marcus, un habitué des beaux chemins de campagnes de l'Estrie... On a toute la journée évité la pluie sauf durant la trail à Marcus. Nous avons essayé de respecter le concept de faire le plus grand tour du Québec, mais en même temps nous trouvions intéressant de faire des détours ou des loops pour voir les beautés du Québec... Naturellement, nous ne pouvions tout faire mais disons que nous avons fait notre part.

Donc St-Jean sur le Richelieu, frelisburgh, Lac Brome, Magog, Stanstead...Nous visitons les rangs de campagnes qui sont agréables pour les roues et les yeux. Un gros orage avait eu lieu peu de temps avant notre arrivé car il y a avait plein de branches qui jonchaient les rues.

Nous avons fait que très peu d'asphalte mais de toute manière quand nous en faisions ce n'était pas désagréable.
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Il est bizarre de voir combien il est facile de franchir les lignes américaines
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Ce que je nomma affectueusement 'La trail à Marcus' qui se situe au chemin Charest à East Hereford et qui est sensé se rendre au chemin Lépine. Notre premier cul de sac de la journée!

Le sentier est vraiment dans le très bouetteux profond. Ca n'a pas pris beaucoup de temps que nous sautions dedans à 2 pieds joints, heuu... à deux roues je veux dire. Notre premier terrain vaseux de notre raid, mais définitivement pas le dernier, c'est plaisant au début mais à la longue je me suis tannée, épuisée. Naturellement celui de la photo est petit.
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Après avoir forcé pour sortir nos grosses Bertha de ces trous calants, nous arrivons à une côte qui est endommagée par les pluies. Martin part vérifier l'étendu des dégâts. À son retour j'ai le droit à ce genre de phrase: "Étant donné que nous sommes 2, étant donné que le fond est très mou, étant donné que c'est la fin de la journée, étant donné qu'il pleut, étant donné que nous sommes fatigué... On va faire demi-tour!"  Bon disons que si Martin décide de ne pas passer par là il me fût point nécessaire d'aller constater par moi-même. On a fait 5 kilomètres sur les 12. On retraverse nos marres et ressortons épuisé mais tellement heureux d'avoir joué dans une piscine de boue. Il semblerait que les masques de vase sont très primé pour régénéré la peau, la katoom a décidé de m'en faire bénéficier.
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Nous passons par St-Malo la ville la plus haute du Québec soit 580 mètres. Rendu au belvédère je suis un peu trop fatiguée pour monter toutes ces marches... De toute manière il commençait à faire noir et avec ce temps nuageux je me suis convaincue de ne pas tester mon niveau endurance...
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Rendu à Sawyerville, des gens sympathique du coin nous indique le motel le plus proche. Martin commence à faire son social. Un vrai moulin à paroles, il est tellement volubile pour expliquer au gens notre voyage. Au motel-bar du coin, la madame rigole en voyant l'état lamentable de nos habit couvert d'une matière brune et nos motos qui dégoulinaient encore... J'ai le droit de prendre mon scotch à la chambre. 
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Fort satisfait de notre première journée, nous allons manger au resto du coin, excités et enivrés de ce qui allait être le reste de notre voyage. Durant cette journée nous en avons vue des noms de ville bizarre mais celui qui nous a le plus marqué fût certainement: St-Hermeneglide.



JOUR2
16 septembre 2008
Dans les nuages

départ 08H15
260.5 km
temps de déplacement 4H30
arrivée à St-George de Beauce vers 17Hr
moyenne de déplacement 58 km/hr
dodo au Confort inn St-George, souper St-Hubert.

Nous nous sommes réveillés avec le soleil qui voulait nous dire bonjour... Au loin il devait y avoir un petit lac et les Bernaches (outardes, bref oies sauvages) y ont fait dodo, le matin nous nous sommes réveillés avec leur cacardement, elles avaient encore bien du chemin pour se rendent au Mexique.
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Si je ne m'abuse c'est le matin ou nous sommes partis le plus tôt... Nous étions encore en forme et aucun pépin nous retardait encore. Après un déjeuné copieux à écouter les gens du coin parler pêche et chasse nous avons enfourché nos motos. Martin me laisse le lead question de commencer à me pratiquer un peu... J'ai toujours été une suiveuse, tout à coup je devais me concentrer pour ne pas passer tout droit. 

Peu de temps après, je suis envahie d'une drôle de sensation... je réalise que le phénomène température (encore nuageux mais sans pluie) et la vue qui m'entoure me donne l'impression d'être enveloppée dans le montagnes. Nous sommes rendu dans le coin de Chartierville. Tout autours de nous, au loin, il y a ces montagnes rondes et dodues qui nous offre une vue magnifique, nous sommes dans une vallée encastrée. De toute beauté... Bon! les photos ne rendent tellement pas justice à l'endroit que je ne vous les montrent pas... En faisant des recherches sur internet sur ce village j'ai découvert ceci:
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La côte magnétique
Sur la route 257, passé le village de Chartierville, à environ 15 kilomètres de la frontière américaine expérimentez ce phénomène unique en son genre au Québec.

La définition populaire:
Une côte magnétique est une route avec une pente accentuée qui a une force très étrange voir magnétique.Tout simplement parce qu'on doit appuyer sur l'accélérateur pour descendre la pente vers le bas et on remonte la côte, le véhicule au neutre, sans même la propulsion du moteur. En fait, votre voiture réagira grâce à une force occulte. Illusion d'optique ou phénomène magnétique ? À vous de le découvrir…

Rendu au Mont Mégantic, après avoir payé notre droit de passage nous sommes monté à l'observatoire et au Mont St-Joseph. La vue fût malheureusement étouffée par les nuages. Tout en montant, et ça monte je vous le dit, il me vint à l'esprit de regarder à ma droite! J'y vit le gouffre qui m'y attendait, les frissons m'ont titillés l'échine et mes mains sont devenus moites... Je me suis concentrée et dirigea mon regard vers le haut légèrement vers la gauche... Moi et le vertige, c'est vraiment pas drôle.
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On fait le tour du Lac Mégantic. Rendu au Nord du Lac, les GPS nous indiquent de rentrer dans un stationnement... Au bout du stationnement ils nous disent de continuer... étrange! Et tout à coup je vois un passage piétonnier... Bien oui une jolie trail pour les piétons... Bon! nous pousseront pas notre chance. Et la journée continua ainsi... Bang, chemin privé! chemin fermé! Tient une clôture! C'est une maison qui ferme le chemin? ... et maintenant une 'gate'! Le Monsieur nous dit que ce chemin et les terres appartiennent à Domtar...   Wow une Zec... non! non! Vous ne passez pas là c'est la Zec Jaro vous n'y allez pas! En passant par les propriétaires qui nous mentionnent en rigolant ou en riant moins: non c'est un chemin privé depuis plus de 10 ans...

Rendu à un chemin de fer, le GPS de Martin recalcule son chemin et se ferme, il rend l'âme... Oups, je suis celle qui lead officiellement. Il me dit qu'il a tenté le diable en s'achetant une boussole. De plus Martin mentionne que nos pneus fondent à vue d'oeil. Il faut dire que nous voyageons pas très léger.

Bon va falloir changer de 'beat' un peu et passer par des chemins qui débouchent... Tient en voilà un! la Trail de VTT trans Qc 60 hiver. La trail débute facile... devient légèrement plus technique... et le sentier se referme sur nous tranquillement... Elle est assez technique car il y a de la roche... C'est dans cette partie que Martin se blesse; une roche le frappe sur le dessus de son pied. Mes tibias subissent la torture des têtes de cylindres, j'étais pas supposé m'acheter des pads moi avant de partir?  On continu notre chemin, nous avons plus vraiment de tracé GPS, Martin me demande en traversant un tronçon, à droite ou à gauche? Quelle est le chemin qui va nous mener au 7e rang? Quoi???? Je suis supposé savoir ça moi? Ah oui j'ai un GPS. Il faut que je commence à l'utiliser à bon escient.... À droite que je constate... On s'embourbe, la track est d'hiver et j'ai comme l'impression que nous nous enfonçons dans une sorte de marécage, les herbes sont de plus en plus hautes, le fond se ramolli. Bon définitivement pas par là sinon on va aller se noyer. On retourne sur nos pas et décidons d'aller dans l'autre sens juste pour voir, au pire on reviendra sur nos pas... Le chemin était beaucoup plus abordable.
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Tiens une clôture, et non ça passe pas juste à côté... Pis non c'est pas à cause des tétons de ma moto... Martin voit un petit sentier qui semble contourner la clôture
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Il y fait le tour à pied... Et moi de mon côté je constate que le sentier à beaucoup tourné et que nous sommes pas très loin du fameux rang 7. Martin décide de prendre le sentier en premier, sa katoom reste prise sur une bosse qu'il faut traverser... Je le pousse. Humm, il est évident que ma gosse madame va se balancer sur cette butte! Effectivement, il lui fallu un bon pushing!
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Peu de temps après nos motos retournent sur la route de gravier et nous nous rendons à St George de Beauce question de soulager le pied de mon amoureux avec de la glace et de nous préparer un tracé pour le lendemain... Pour le reste du trajet Martin eu le loisir de manger ma poussière que c'est agréable de leader et d'arriver presque propre à destination!

On se casse pas la tête en arrivant, on prend le premier motel et je vais chercher de la glace pour le pied de Martin. Je suis inquiète, il marche dessus mais ça semble douloureux, tout comme la blessure qu'il s'était fait à l'autre pied peu de temps avant. Bon, on verra demain et de plus l'hôpital n'est vraiment pas loin.



JOUR3
17 septembre 2008
La baignade de Martin

Départ 12H30
arrivée St-Pamphile 17h30 sous la pluie.
182.5 km
moyenne de déplacement 60 km
temps de déplacement 3hrs

Nous avons passé l'avant midi à essayer de réparer le GPS de Martin, grâce à l'internet nous trouvons la façon de le 'resetter' mais non rien à faire. Même les boutiques électronique dans le coin constate l'état du GPS... Bon on va continuer uniquement avec le mien, allez Valérie, t'es bonne t'es capable, apprends vite!

La glace et le repos ont eu bienfait sur le pied de Martin, je lui emballe bien comme il le faut dans un bandage et il semble qu'il pourra continuer sans trop de douleur!

Nous allons chez Moto sport pour acheter un pneu pour la roue arrière de la Katoom et moi je me dirige à grand pas vers les pads pour mes tibias... 2 modèles, let's go la madame enlève ses pantalons, âme sensible ne regardez pas! J'essaie les 2, le premier me fait parfaitement. J'enlève les pads de mon rukka et renfile le tout je me sens tout à coup indestructible et pour les mettre au défis je me cogne les jambes sur les coin de mur... Le vendeur vient me voir en me demandant si tout va bien... Et bien oui! je suis heureuse et ce pour 25$.

Il est presque l'heure du diner alors nous allons nous sustenter à la Cage aux sports.

Nous repartons en longeant la 204. Rendu au parc des Appalaches les sentiers sont vraiment agréables. Il y plein de sentiers pédestres et des endroits de camping. Le paysage est magnifique, la route très sympathique.
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À plusieurs reprises nous roulons sur une sorte de vase gelée et très dure, sur une mince couche très glissante. À chaque fois que j'en traverse une ma moto valse, ça me stresse beaucoup et je ralentie toujours en les voyants, mais soudain ma moto n'a faite qu'à sa tête et je me ramasse à terre. Martin qui me suit vient m'aider et me donne des conseils pour mieux les affronter. Il prend les devants et je le suis de loin. Il me faut un peu de pratique pour comprendre le fonctionnement mais une fois que ma moto dérape complètement et que je me retrouve entre 2 sapins, je me dit qu'il fallait que je perfectionne ma technique.  La moto tient toute seule entre les 2 arbres et je me sent un brin humiliée, il m'a pris que quelques secondes et bien de l'orgueil pour que je sorte ma moto de cette fâcheuse position et ce avant que Martin revienne sur ses pas et me voit dans cette position ridicule! Je le rejoint il me demande ce qui a causé mon retard, j'ai dû lui répéter par 3 fois que je venais de faire de la coupe à blanc avec ma moto avant qu'il me croit.

Rendu à la Rivière Noire plus précisément au Pont brulé nous constatons que le pont suspendu est que pour les piétons. Peut-être que le nom 'PONT BRULÉ' aurait dû allumer de quoi dans nos esprits avant de s'y rendre. Martin regarde vraiment longtemps ce pont et voudrait vraiment y aller... Humm, je vois déjà le topo et réussie à le convaincre que ma moto passe pas sur ce pont loadé comme je suis... Quoi? Toutes les raisons sont bonnes. Nous suivons les traces de VTT qui soudain s'arrêtent à la rivière. Pas une petite rivière... non une rivière très large, qui fait au moins 200pds de large. Martin se dit que les VTT doivent passer donc on peut certainement. Moi je me dis que les traces de VTT retournent de bord car c'est trop profond, chacun son point de vue! Martin insiste, "bon et bien vas-y je te regarde". Un instant de perplexité dans ses yeux et il y va à pied. Quelques pas et il revient sur la rive et décide de se déshabiller pour aller tester le niveau de l'eau... Je crois qu'il a changé d'idée quand l'eau à frôlé ses boxer... Je ne sais pourquoi il est revenu tout penaud en disant que ça passait pas! Et bien, j'en suis fort surprise! 

Retour sur nos pas, sur ses cartes Martin voit un sentier qui se trouve à être la track de VTT. Nous nous y lançons passionnément, quel beau sentier! On rencontre des VTT que nous avions croisé plus tôt mais étant donné que nous sommes en train de monter une côte nous n'avons pu les intercepter pour leur demander l'état des routes. Par contre, je me dis que si je les avaient rencontré plus tôt et que maintenant ils faisaient demi-tour ce n'était sûrement pas bon signe... Sûrement encore un pont qui n'existe plus.

Quelques kilomètres plus loin nous rencontrons M. VTT rouge trop hot à la peau de coyote... Vous auriez dû voir ce Monsieur, fière de son immense monture rouge, siégeant majestueusement sur une peau de coyote, la tête de cette dernière triomphant sur le devant du VTT, la queue dépassant allègrement sur le postérieur de l'engin. Ce monsieur traine le kit du parfait aventurier, hache, machette, essence etc... Dans la force de l'âge, il parcours avidement les sentiers et ce seul! Il nous mentionne que la track est magnifique et très bien entretenu, nous pouvons nous rendre facilement jusqu'à Pohénégamook par cette track et même retourner sur les rangs de campagnes pas très loin... En continuant nous avons pu constater qu'il avait tout à fait raison, et que les gens du coin aimaient tendrement leur VTT en leur fournissant des ponts très solide.

Martin me mentionne que ce pont est fait avec la carcasse d'une ancienne boite de camion. Tant mieux car la rivière aurait pas été facile à traverser, quoique j'aurais aimé que Martin se déshabille encore pour aller vérifier.
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Voila! si c'est pas du beau chemin ca?
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Rendu dans le coin de St-Adalbert nous voulons nous rendre au pont couvert. On se ramasse dans ce que j'appelle: Le rang du film d'horreur!  Plus nous avançons et plus je me dis que c'est impossible que nous arrivions à un pont couvert. Le temps s'assombrie, le vent se lève, les arbres me regarde étrangement... oups excusez! j'en met un peu trop mais vous imaginez le topo non? Le chemin me semble étrange et je commençais à me raconter des peurs... Au loin je vois 2 hommes et une cabane; ils se trouvent tout à côté d'un tas de bois et l'un tient une hache... Voilà! Tout les bons ingrédients pour l'histoire qui va mal finir. Le chemin semble s'arrêter à leur pieds. Je prépare ma monture à faire un demi-tour tourné effréné. Les 2 hommes ténébreux s'avancent tranquillement vers nous, avec dans leur yeux une ombre ... d'amusement  'Shit' ils gâchent toute mon histoire. Non le chemin ne débouche plus et ce depuis plusieurs années, même lui en VTT n'y va plus et non nous n'avons pas le bon chemin pour le pont couvert! Après que Martin est fait son social, il commence à pleuvoir donc nous retournons sur nos pas et décidons de nous rendre à St-Pamphile pour y passer la nuit.

Quelle merveilleuse journée.



JOUR4
18 septembre 2008
La journée qui fait frette

Départ 10H45
arrivée Cabano 17H00
185 km
moyenne de déplacement 48.7 km
temps de déplacement 5h06

Cette journée est la plus froide de toute... une chance que le soleil nous tiens compagnie! Le matin nous prenons beaucoup de temps pour loader les tracks de VTT dans le GPS mais sans succès. Il semble que les 'routes' se load mais je ne les voient nul part dans le GPS. Je me dis que l'opérateur du GPS (en l'occurence moi!) doit mal opérer la machine. Le temps de courir les cartes de VTT un peu partout dans le village mais sans succès... d'aller refaire le plein à l'épicerie de barre tendres et Redbull... Nous partons direction St-Louis du HAHA par la trail.

À Eatonville nous prenons l'ancien chemin de fer qui est assez bizarre à suivre.
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Il est plaisant de le parcourir mais après quelques kilomètres de chemin droit et en petit gravier tout doux, il était temps de changer de beat.
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Nous longeons un train sur sa nouvelle voie pendant un bout, c'est comme une course entre nous et le lui, nous avons gagné. La 10est est magnifique, bien entretenue et bien identifiée. Nous arrêtons à Pohénégamook pour de l'essence et trouver une carte VTT du bas St-Laurent.

Il faudrait que je spécifie qu'avant de partir j'avais fait vérifier ma moto car au neutre le idle restait vraiment trop haut  (2000-2500 tours), mais le problème étant récurant, la moto fût vérifiée et il semblait que le problème avait disparue de par lui-même... Mais depuis le début du voyage elle a recommencée à le faire et c’est fort désagréable surtout pour descendre les côtes où l'on se sert de la clutch pour freiner légèrement la moto. Dans cette côte, mon idle n'a pas été sympathique avec moi et n'arrivant pas à la contrôler j'ai dû sortir mes petits pieds de canards et faire pout pout jusqu'en bas. Ce problème va demeurer tout le long de mon voyage et ne m'aidera définitivement pas plus tard comme vous pourrez le constater...
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La 10est passe régulièrement par l'arrière des villages pour que les VTT puissent se ravitailler. Souvent ces chemins passent sur des terrains privés qui sont souvent dans les bois et peu entretenu. Ils nous faut ralentir la cadence et subir les terrains très vaseux, le tout demande trop temps, on se tanne et on bifurque.

Diner tard à St-Honoré.
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Rendu près de Cabano nous décidons d'y coucher car nous ne voulons pas subir la nuit très froide en tente pour se rendre à Amqui...

Le Motel Royal nous donne une très belle vue sur le lac et la marina...
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On a beaucoup aimé notre journée dans les trails de VTT. Même si nous avancions pas comme nous espérions, nous avons profité des beaux endroits en prenant des breaks. Cabano est un endroit magnifique, le lac Temiscouata est un paradis, long d'environ 45KM et d'une largeur maximal de 2KM étrangement il ne possède pas de haut fond...

Le souper au Pub fût assez poche, le poisson que nous avons commandé était trop cuit  mais il n'y avait pas grand chose qui pouvait porter ombre à notre belle journée.



JOUR5
19 septembre 2008
On s'enlise...

Départ 10H00
dodo dans le bois au camping saisonnier des eaux mortes 19H30
194 kilometres
temps de déplacement 5H27

Le lever de soleil sur le lac fût majestueux.

Voilà on remballe notre stock sur les moto, Martin fait son social avec un client et le propriétaire du motel… La nuit ayant été très froide j'ai du pousser la moto de Martin en bas de la côte pour qu'elle parte sur la compression... et ce ne sera pas l'unique fois.

Nous sommes partis confiant de se rendre à Amqui avant la fin de la journée, gonflé à bloc prêt pour la Gaspésie. La trail de VTT en partant de Cabano débute assez raide. Les chemins sont très vaseux, le terrain qui dégel est très glissant... Je suis pas mal précaire sur ma moto. Il y a des sections pas mal rough, je fais des erreurs... Comme m'enliser solide comme moi seule sait si bien le faire dans une lisière. Je crois que c'est la seule fois que Martin à été découragé de me voir ainsi. Il est très pénible de me sortir de là, je m'excuse à multiples reprises... Très compréhensif il me rassura... mais me dit de ne plus recommencer!

Vers 11H30 on rencontre un tronçon de route complètement défoncé par l'eau.
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La trail de la matinée dans la vase m'a épuisée, Martin m'aide à traverser ce fossé, il me tient pas les crash bars, m'offrant souvent de passer ma moto lui-même, mais je suis encore capable mais sûrement pas pour très longtemps encore. Chemin faisant nous rencontrons un VTT qui nous indique que plus loin le pont n'est plus mais que l'eau à été bloquée et qu'il y a un gros canal à pique à traverser mais pas d'eau! C'est toujours ça! Je repars en premier et j'attends avec appréhension l'événement. Vers midi on y arrive. J'ai refais le plein d'énergie dans la trail qui est 'pas mal sympathique' à faire. Je débarque de ma moto et me dirige rapidement vers le gouffre... Regarde furtif et me retourne, Martin n'a même pas eu le temps de venir voir que je lui fait le 'thumb up' let's go ça passe! Le moral revenu, je ne veux plus faire demi-tour. Tranquillement, avec l'expérience, je suis moins peureuse et je sais ce que ma moto peut faire, c'est une question de motiver celle qui l'a conduit!
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Pour ne pas jouer à Indiana Jones, Martin viens me sécuriser lors de la descente, que je remonte avec fierté mais avec un petit coup de main tout de même. Que c'est plaisant!
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Des petits bouts facile pour reposer la madame.
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14H05 En avançant je me dis que nous allons bientôt jouer dans l'eau.
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14H46 On va jouer définitivement dans l'eau.
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Martin passe en premier, le niveau de l'eau est acceptable, il suffit que je ne fasse pas à ma tête et que je repasse exactement au même endroit que lui et ce en douceur...

Plus on avance, plus je me dis que nous allons nous frapper le nez... Et tel est le cas, on rebrousse chemin sur une rivière sortit de son lit. On prend un chemin que nous avions aperçu plus tôt qui nous ramène sur la route 232 ou on trouve un genre de rest area endroit propice pour notre diner en camping.
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Ont est trop fatigué let's go à Squatec qui n'est pas très loin...
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Le gars du garage nous informe que notre calvaire est terminé et que maintenant les routes de VTT seront facile jusqu'à Amqui.  Il est rendu tard mais on décide d'avancer et au pire de dormir en camping car il fait beau et plus chaud que la veille. Effectivement les tracks de VTT sont faciles; de la route de terre battue dans la ZEC du bas St-Laurent.

Presqu'au début de cette route, en suivant les indications pour la track de VTT j'ai eu un moment de bien-être total; on roule dans une petite trail tellement belle et tellement sympathique que j'ai l'impression d'être ailleurs, j'aurais voulu que ma moto fasse aucun son, je regarde partout, je voie tout, je sens tout.... je suis bien... Je flotte. La trail ne dure pas très longtemps et on se retrouve assez vite sur le sentier de terre battue, j'arrête ma moto et regarde Martin avec un large sourire qui en dit long!

Rendu vers 19hr mon GPS indique qu'il reste beaucoup de chemin à faire... Je vois sur une pancarte Pourvoirie du chasseur dans 20km, Go on s'y rends. Malheureusement le temps de la chasse débutant le lendemain, il n'y a plus de place en chalet, tant qu'a dormir dans une tente avec un paquet de gars booster d'hormones pour la chasse je préfère aller camper ailleurs. En essayant de se rendre au village le plus proche, Martin se souvient que nous avions passé devant un camping saisonnier, on s'y arrête et s'y installe pour la nuit. Le souper à la belle étoile est exquis! La nuit est bonne en général, pas trop froide. Par contre Martin stresse pour le départ de sa moto le lendemain matin car il n' avait pas grand côte dans ce coin là pour la partir sur la compression!

Il y a plusieurs sites de camping dans cette Zec, les routes de VTT sont bien entretenues et ils nous font faire même des détours pour nous éviter les impasses.

Une autre belle journée qui restera dans notre mémoire  



JOUR6
20 septembre 2008
Enfin la Gaspésie

Départ 09H00
Arrivée Amqui 12H00
104 km
Moyenne de déplacement 51 km
temps de déplacement 02H02

On déjeune rapidement, le soleil est là pour nous permettre de sécher la tente et de réchauffer la moto de Martin avant de partir. Le reste du chemin est comme la veille, très agréable et très entretenue! J'ai malheureusement oubliée de prendre une photo de notre bivouac pourtant ça valait la peine car nous avions dressé la tente près d'une roulotte (installée pour la chasse j'imagine) qui possédait une toile bleu tirée pour faire un toit de surplus... Chaises et tables étant une gracieuseté de la maison. À la clarté du jour on constate que la rivière n'est pas très loin, et que des chasseurs étaient présent et prêt pour aller assouvir leur soif!

En sortant de la Zec, Martin en placotte un coup avec le M. de la Gate... Ce dernier nous demande notre droit de passage... "Désolé Monsieur mais nous avons passé effectivement une vieille cabane indiquant qu'il fallait payer mais personne ne logeait là et il n'y avait pas d'endroit pour payer"... Le monsieur doit encore se poser la question par où nous sommes passé, nous aussi d'ailleurs! 3/4 d'heure plus tard on repars... Je me meurs de faim. J’ai vraiment hâte d'arriver à Amqui. Le tracé est assez facile mais très jolie, on passe dans les sous-bois.
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Arrivée à Amqui après un diner copieux, je suis juste fatiguée, ma nuit dans le bois a été courte... On décide de prendre le reste de la journée pour se reposer, refaire le plein... Nous trouvons refuge dans une auberge de Amqui, l'auberge Bonsejour.
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Je fais du lavage dans le bain, une sieste de 2 heures (on appelle tu ça encore une sieste?)... douche, et je prépare le tracé GPS pour le lendemain. Je ne sais plus exactement quand j'ai réalisé que même si je n'arrivais pas à voir les routes dans le GPS je n'avais pas de problème avec les 'tracks' ce qui fût une bénédiction car nos tracés de VTT étaient des tracks et non des routes.

Le souper est excellent, la bouteille de vin divine, un repos bien mérité! Et moi qui ne cesse de me dire que je ne veux pas que ça finisse. Martin et moi faisons une bonne team, il est évident que le beat n'est pas exactement celui de Martin mais en même temps je crois que ma façon de faire les choses est très prudente et ce qui eu comme résultat que nous sommes revenus sans bobo.



JOUR7
21 septembre 2008
La chaine débarque

Départ de Amqui 9H15
Arrivée Nouvelle 18H00
185.2 km
Moyenne de déplacement 43.1km
Temps de déplacement 4H17

Petites routes tranquilles pour se rendre et s'enregistrer à la Zec Cassault pour les trails de VTT.
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Le départ dans la trail se précipite dans ma tête car on doit monter une immense côte qui me donne le vertige... Allez hop! on continue sur le sentier quand on décide de prendre un 'short cut' par la route de gravier... Une chance car peu de temps après la chaine de Martin lâche... On cherche longtemps sur le chemin la maille patente qui a lâchée. Je scrute la route très longtemps en faisant les 100 pas... Nous la retrouvons! Elle était resté cachée à quelque part dans la moto et naturellement elle est brisée.  Martin réalise qu'il manque une dent après le sprocket, je sens que le monsieur est vraiment pas content. Martin se mord les doigts, il a oublié par mégarde sa maille patente de 'spare' sur le comptoir de la cuisine. Après multiples tentatives de réparation, peine perdue, Mme servira de remorque à la KTM.  Je suis pas mal stressée, j'ai jamais remorqué personne moi.

Martin avant de partir me regarde et me demande: "Tu te fout pas de ma gueule avec ma chaine qui a pétée?" (Martin connait ma hantise des chaines, il m'a toujours dit qu'une chaine ça débarque pas de même pis que ça pête pas sans cause). Je le regarde avec un sourire dans l'oeil et lui répond que je suis capable de fermer ma gueule quand c'est le temps...  Une chance! car pas longtemps après il aura l'occasion de se foutre de la mienne.

Martin attache sa moto par une fourche à ma moto. Je lui demande les conseils de base pour être une bonne remorqueuse et je lui donne mon tarif de base. Après environ 30-40 minutes Martin demande un brake; il est exténué de manoeuvrer ainsi... Il doit compenser dans les virages et être très alerte surtout quand nous descendons les côtes! Moi de mon côté, après avoir sentie ma moto faire des soubresauts quand Martin devait freiner, je me calme et augmente la cadence... Il faut bien se rendre. J’ai quand même le temps d'admirer quelques fois le paysage. Il me demande si on est arrivé à son check point qu'il avait mis dans le GPS pour aller à Lavergne... "Heu oui tu m'as dit de continuer tout droit"... "Non on devait tourner".. Oups! Pas grave... on arrive à la prochaine ville qui est Escoumac.
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Au coin de la 132, Martin prends ma moto et va pas très loin rencontrer des gens qu'il a vue dehors. Les garages sont fermés car nous sommes dimanche. Il revient avec un jeune en backseat, un anglophone, il me dit qu'il se rend à son garage pas loin, le jeune homme devrait avoir une chaine... Martin revient bredouille, me dit qu'il retourne à la maison du jeune pour aller chercher mon tail bag qu'il avait dû laisser là-bas pour embarquer le jeune. En revenant une voiture verte le suit... Martin a trouver une nouvel ami qui lui dit posséder ce dont il a besoin. J'attends toujours en buvant mon redbull en tenant compagnie à la grosse orange qui ne peux avancer.

Le jeune revient 2 fois avec des chaines qui ne 'fit' pas sur la moto... 3e tentative il revient et la chaine semble 'fitter', mais Martin revient avec la maille patente de l'autre monsieur de la voiture verte. Allez hop! tout fonctionne on repart direction Maria par la track VTT qu'on a du chercher un bout. Cette fameuse track de VTT est en grande rénovation, on dirait quasiment qu'ils vont y installer des feux de circulation. Elle est large et déboisée. Par contre, le chemin ainsi en construction, est assez vaseux et par conséquent très glissant. Il y a des petites sections qui montent et redescendent avec de bonnes crevasses et de la rocaille.
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Arrivée à Nouvelle quand on vient pour rembarquer dans la trail je remarque que mon niveau d'essence est bas et qu'il commence à ce faire tard... Le GPS indique 130 kilomètre avant Maria. On décide de rebrousser chemin et d'aller manger et faire le plein à Nouvelle. Tant qu'à faire nous prenons motel pour se remettre des émotions de la journée et être prêt pour le lendemain. Vive les vacances  



JOUR8
22 septembre 2008
sac à papier de batterie

Départ 09H30
Arrivée Maria 18H00
77.5 km  
Moyenne de déplacement 42.7
Temps de déplacement 01H48 (là vous savez qu'il y a eu encore pépin)

La journée débute avec un boostage pour la moto de Martin, un gentil samaritain viens lui porter main forte avec son pick up. Note to myself: la prochaine fois apporter des câbles à booster. On se dirige vers la trail que la veille nous avions abandonnée. La track de VTT commence avec les fameuses lisières de vase gelées qui fondent et deviennent très glissantes. Peu de temps après arrive ma descente aux enfers...   Dénivellation de 1000 pds...

Bon OK, on va mettre les points sur les 'i' tout de suite... Il ne faut pas oublier que j'ai le vertige et que j'ai un bon historique avec les côtes. Oui il en existent des pires et oui elle était tout de même en bonne condition, mais en plus j'avais de la misère avec mon idle... Mais non elle n'est pas si terrible que ça. Donc, la première côte est un traumatisme car je perd le contrôle de ma moto qui ne cesse de gronder sous le idle trop élevé, je panique et freine sûrement trop fort, résultat ma moto se retrouve cul par dessus tête et moi dans un état d'étonnement mais sans blessure... j'ai une facilité assez remarquable pour m'auto-éjecter de ma moto quand je sens que je perd le contrôle.  Je me relève rapidement et va éteindre la moto par la switch d'urgence (petit détail important). Martin vient à ma rescousse, me calme, me suggère de la descendre. Je suis tannée d'avoir peur, je veux réussir. Sous les conseils de Martin, je repars en la laissant embrayée en première mais le moteur éteint. Je joue avec la clutch pour descendre tranquillement.
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On s'entend-tu aussi pour dire que les photos ne rendent pas du tout justice aux côtes
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Résultat après la fin des 4 côtes??? Sortez tambours et trompettes. Je prends un break pour reprendre mes esprits ... Satisfaite d'avoir descendue ma moto, ok pas d'une façon élégante mais tout de même.  

Donc on revient à la question mentionnée plus haut: Résultat après la fin des 4 côtes??? La moto ne repars plus, la batterie est morte. J’ai oubliée de fermer la clé (d'habitude quand j'éteint ma moto par la switch d'urgence je remonte dessus et la repart mais pas de cas-ci) la lumière et GPS ont fait la job... Je me sens fondre, quelle erreur de débutant... Je me sens stupide et m'excuse encore auprès de Martin... Gentil comme tout, il comprends la situation et ne m'en tient pas rigueur... J'étais-tu contente de ne pas l'avoir écoeurée avec sa chaine qui avait cassée vous pensez?!!!

Martin essaye de partir ma moto sur la compression mais sans succès... partir une 1200GS sur la compression dans une pente serrée, avec un ravin de je ne sais combien de pieds tout près et remplie de roches, je le conjure d'arrêter! Martin me regarde et semble me dire que c'est du déjà vu...

Martin enlève sa batterie pour remplacer la mienne, mais il se doute fortement que le Can-bus ne voudra pas...Effectivement tentative vaine...Donc on décide d'enlever la batterie (pour la faire recharger ou en trouver une neuve chez un concessionnaire de moto.)

Mais remonter toutes ces pentes à deux sur la même moto, c'est un peu risqué ben disons que ça ME semble risqué, donc on décide de continuer le trajet vers l'avant car le GPS indique un chemin (chemin Paradis) dans pas très loin. J'embarque en arrière de la moto de Martin et on part à la rencontre de la prochaine route. Plus on avance et plus le terrain est accidenté... Ce n'est pas facile en tant que pilote d'être en backseat, alors pour ne pas faire de faux mouvements il m'arrive à plusieurs reprises de fermer les yeux, pas que j'avais peur car j'ai confiance en Martin mais plus pour ne pas lui nuire... C'est vraiment weird comme feeling, vous devriez essayer ça juste pour le fun. Donc, je peux dire que j'ai essayé la KTM dans le gros rough et que j'ai trouvé ça très facile!!!

Bon, on remonte de l'autre coté de la rivière... encore une pente abrupte mais moins pire que le coté sud... Martin arrête et me demande d'ouvrir le gps, mais celui-ci tombe en mode pile faible, pas facile de voir quelque chose sur l'écran, on constate qu'on est bien sur le chemin Paradis mais pas dans la bonne direction.

On retourne de bord et on revient à la rivière et juste un peu avant le pont il y a un passage sous les branches qui traverse la rivière qui va peut-être nous mener au fameux chemin Paradis! Depuis que nous sommes à la recherche de ce chemin le GPS nous indique que nous le croisons mais en vain. Le chemin devient impraticable à cause des arbres qui sont tombés, donc si on décide de continuer on risque de faire face à plusieurs surprises...  On rebrousse chemin car déjà nous avons assez perdu de temps, il faut juste remonter la fameuse pente aux enfers à deux. Du moins les trois premiers paliers, il est entendu que j'allais débarquer pour la dernière côte. Je dois avouer que j'ai fermé les yeux lors de la montée et ce parce que j'avais peur. Quand j'ouvre les yeux pour la première fois je constate que Martin s'élance vers la dernière côte, je crie pour qu'il me débarque mais il ne pouvait plus s'arrêter... Vous savez le fameux momentum?  Je m'agrippe à lui, je referme les yeux et lors de la traversée de la calvette au 3/4 de la pente mon coeur s'est retourné...  Pour lui ça semblé un jeu d'enfant.

Martin s'arrête et me souligne que nous sommes rendu en haut, le pire est fait... reste juste les portions de boues...  J'ose ouvrir les yeux, il me demande si je veux une gorgée de scotch. Très drôle.

Arrivé à Nouvelle, le premier garage nous dit que le concessionnaire de moto le plus près est à 45 kilomètres mais de vérifier avec celui qui vend des tondeuse-tracteurs (sans commentaires) peut-être que ce dernier peut nous aider. Arrivé sur place, Martin parle de la situation avec le proprio et décide de mettre la batterie sur la charge pour environs deux heures... Il nous reste juste à aller diner pour attendre... Et effectivement le garagiste nous confirme que le chemin Paradis est fermé depuis longtemps et non entretenu.

2 heures à parler de nos aventures et à lire le journal... Je stresse pas mal et si la moto ne repartait pas? Il commence déjà à se faire tard...
 
Rendu sur les lieux, Martin très confiant installe la batterie, remet le tout en place, même le banc et me dit: On y va? Aussi confiante que lui, je m'assoie sur la moto et elle redémarre... Bon maintenant il faut que je remonte toutes ces côtes... Je me débrouille tout de même bien pour les premières, mais demeure de big one! The last one... Je l'observe dans bas et il me semble qu'en la montant je vais chavirer...  Je démissionne. Martin me la monte. En haut de la côte je reprends le contrôle de ma moto et un peu plus loin je vois mon premier chevreuil... Je me dis que les badluck sont terminés...Assez d'émotions pour la journée on s'en va dormir à Maria. On longe la 132 et je découvre la beauté exceptionnelle de la baie des chaleurs. On y trouve un joli B&B, on va a l'épicerie du coin s'acheter des sandwich et une demi bouteille de vin rouge version épicerie et on mange dehors.
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On a bien rigolé de notre journée après coup. Je fais la promesse à Martin que je n'irais plus jouer dans les pentes abruptes, elles ne sont pas pour moi, à l'avenir on va faire demi-tour! Et voilà la question qui tue: Valérie va-t-elle tenir promesse?



JOUR9
23 septembre 2008
Gaspésie quand tu me tient

Départ 10Hr
Arrivée Chandler 17H15
180.2 km
temps de déplacement  4hr24
Temps total 7h45

Après un déjeuner délicieux (my god j'ai l'impression que j'ai juste fait ça pendant 12 jours manger tellement je dépensais de l'énergie), on boost encore la moto de Martin pour partir...  Le coeur heureux et allège de ma journée d'hier, je repars confiante que tout va bien aller. La journée est magnifique, reste juste à demeurer prudente pour ne pas me ramasser dans une situation pénible pour moi. Nous sommes rendu au jour 09, la moto de Martin tough la run même si il n'a plus de 3e vitesse et ce depuis qu'il a brisé sa chaine ... Moi je veux juste qu'on s'amuse, qu'on oublie nos mésaventures qui font partis de l'aventure.

On rembarque pas très loin sur la trac de VTT; tout va bien c'est relax le sentier est très bien entretenu. Plus que l'on avance et plus en s'enfonce dans la montagne, c'est magnifique, le sentier est juste à mon goût ... et plus on avance et plus ça devient un peu plus technique mais rien de trop terrible, car à la moindre trace de difficulté on rebrousse chemin J'AI EU MA DOSE LA VEILLE... Vous vous souvenez? 
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J'ai le lead depuis 2 heures, on s'amuse, c'est magnifique. Ok, là vous sortez votre imagination... Tout le monde à vue le film Jaws, les dents de la mers, n'est-ce pas? Donc vous connaissez sa musique? Vous savez le Toudoum Toudoum quand le requin attaque les gens?... Bon pour les besoins de la cause, et pour rendre mon récit plus captivant, imaginez cette musique en lisant ce qui suit...

Ça commence à monter mais pas trop, je suis à l'aise... soudain ça monte encore plus... (musique: Toudoum Toudoum...) je gaze et ça tourne pis ça monte encore... (Toudoum Toudoum...) et puis tout à coup je réalise que je suis en train de grimper encore dans la face d'un singe, (c’est à ce moment sur la musique que le requin sort et fait sa première attaque) pis ça monte dans la grosse garnotte, et nous ne sommes plus dans la forêt mais bien sur le bord d'une falaise... (Toudoum Toudoum... Là le requin vient de bouffer les jambes de l'un des premiers personnage) pis ça tourne, je sens que mon coeur va s'arrêter. Sur une genre de plate-forme je m'arrête, je suis saisie... (Toudoum Toudoum... le premier personnage vient de couler dans le fond de l'eau... Il y a du sang partout) Naturellement, les photos ne rendent pas justice à la côte et vous le savez très bien.
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Martin viens me rejoindre et me dit que je suis en feu, mais moi je ne fais que sacrer après moi-même, je suis conne, je suis dans la marde, ça monte encore pis ça tourne à 90 degré pis il y de la grosse garnotte... Je vous conjure d'avoir l'esprit ouvert, je vous le jure la côte ne ressemblait pas à ce que vous voyez sur la photo.
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Bref, je suis désespérée. Martin me dit que retourner de bord et de redescendre ça va trop déraper... il faut continuer. J'ai tellement eu la frousse, mon vertige à tellement pris le contrôle sur moi-même, que c'est Martin le soir rendu qui m'a remémorer que j'ai montée ma moto jusqu'au 90 degré, à l'endroit de la grosse courbe... À ce qui parait JE VOULAIS LE FAIRE... Tout ce que je me souviens c'est que rendu dans la courbe, ma moto à dérapé, j'ai repris le contrôle mais je n'étais plus capable d'avancer prise dans la grosse garnotte, c'est à ce moment (toudoum toudoum toudoum) que j'ai réalisée qu'il fallait que je me tasse car Martin allait arriver et que j'étais en plein milieu de la courbe, j'ai vraiment jouée de la clutch pour me sortir de là mais en vain, le show de boucane que je me suis mise à faire! Je me suis dis: Ça y est je viens de bruler ma clutch (Bang le requin vient de me bouffer)... j'éteint tout, ça sent le diable... Je capote.

Martin arrive, et réussi à se faufiler entre ma moto et le fond de la courbe... Lui, tout souriant de me voir rendu jusqu'à là, moi dans un état de transe, je lui dis que je crois que j'ai brulé ma clutch... Il me rassure: c'mon c'est une BMW, presqu'avec un clin d'oeil pour me rassurer...C'est vrai elle est tellement 'hot' ma moto. Mais tout en prenant mon redbull je la regarde constamment.... Le break terminé, légèrement relaxée, je vois encore le requin au loin. Pas confiante du tout, Martin continue de monter ma moto pour les 2 dernières côtes. Je le regarde faire, il a monté ça comme si rien n'était… Le problème avec ma GS est vraiment derrière le guidon.

Rendu complètement en haut on arrive au belvédère, la vue est magnifique et le sentier semble plus entretenue... Toute ces misères de ma part pour voir ça, m'enlève mes derniers tremblements.
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Je me dis que ça va redescendre mais selon le GPS ça va se faire plus en douceur... On remonte sur nos motos et peu de temps après je réalise que la track 10est ne suit plus le tracé sur mon GPS et là je recommence à paniquer... LE REQUIN EST DE RETOUR. Martin me calme, et de toute manière nous n'avons pas le choix. Peu de temps après nous retrouvons le tracé GPS et tout ce fait en douceur même dans le très sympathique...

Rendu à la ZEC Bonaventure des messieurs nous rassure sur l'état de la 10est... Juste avant d'y accéder nous avons ce pont à traverser.
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Surplomblant la rivière du ruisseau creux.
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Go on y va, et quelle plaisir... Et un autre chevreuil en plus. Le reste du trajet fût mémorable pour moi, le sentier parfait.
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On longe et traverse la rivière à plusieurs reprises et tous les ponts sont présents. Une petite bouchée sur le bord de la rivière.
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Un pur délice. La fin de la journée se termine sur la 132 à Port-Daniel, après tant d'émotions dans une seule journée voir une étendue d'eau aussi magnifique, me tire presque une larme (sûrement parce que j'avais vaincue le requin, bon bon pas toute seule mais tout de même... )
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Direction Chandler où tous les motels sont booker par les travailleurs de la 132. On trouve refuge au Motel du Boulevard, on va manger au restaurant d'un autre Motel à Chandler ou le service fût vraiment trop rapide pour tous ce que nous avions à nous raconter, et où il y a aucune notion du Dry Martini, où le steak est trop dur mais la morue est quand même correcte. Sûrement pour moi, la journée qui fût la plus mémorable, autant pour les émotions que pour la 10est dans la Zec Bonaventure.



JOUR10
24 septembre 2008
Martin est déchainé

Départ 10Hr
Arrivée Gaspé 13H00
133.4 km
temps de déplacement 2hr06
moyenne de déplacement 63.4 km
Temps total 3h21

Déjeuner au resto du motel du Boulevard en espérant que la bouffe soit meilleur qu'à l'autre motel, ben non le déjeuner est lamentable. On magasine pour une petite épicerie, une carte flash pour l'appareil photo et Martin va au concessionnaire pour faire changer son pneu mais il se fait revirer de bord ils sont trop occupé.

On part vers les rangs arrière du village en quittant la majestueuse Baie des chaleurs... J'ai un pincement au coeur il me semble que j'en prendrais encore de cette magnifique vue. La dernière fois que je suis venu en Gaspésie j'étais kid et ne me rappelle plus de rien. On roule un peu dans les petites routes en asphalte et tombons sur une route barré à cause d'un pont ... Franchement! et tant mieux, je vois Martin qui prend le lead et se dirige vers la 132... Yeah!

On roule sur la 132 ouest jusqu'à Percé, magnifique et vlan! tout à coup le rocher Percé... Je vous épargne TOUTES les photos que j'ai prises.
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On se dirige vers le quai pour nous permettre de le voir mieux et question de prendre quelque photos.
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Tout à coup Martin me dit: Une baleine! Et oui, juste à côté de nous, pas très loin, on l'a vue émerger 3 fois! Regardez bien on va un petit point
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On repart direction de la montagne mais je bloque lorsque je vois que le chemin rapetisse vraiment beaucoup... Je veux prendre ça vraiment relaxe aujourd'hui... Comme excuse: passage piétonnier! On retourne de bord. On prend la 132 jusqu'a Gaspé... Tout à coup je ralentit car au loin je vois 2 petites bestioles en plein milieu de la route... J'arrête car les 2 bébés ratons laveurs sont figés là. Oust! Allez! ils repartent. Martin est attrister; ils ont perdu leur maman... Cette partie de route est magnifique, il faut absolument la faire si vous êtes jamais allé en Gaspésie.

Rendu à Gaspé on dine au timotton et Martin trouve un concessionnaire Yamaha pour changer son pneu. Il a la confirmation que de se rendre à Murdochville va bien. Même si il est 15hr on décide de partir quitte à dormir dans le bois. Je load le tracé dans le GPS et on retourne en ville pour mettre de l'essence. En repartant vers la trail pas très loin du concessionnaire ... bang! la chaine casse encore. Je remorque un peu Martin jusqu'en haut de la côte et il réussi à s'y rendre. Ça prends du temps pour trouver la bonne maille patente. Il est rendu 16hrs on décide d'aller coucher au motel en arrêtant à la saaq pour faire provision de champagne, quoi! Ça fait changement du scotch. Le motel Adam est bien. Le Dodo sera de bonne heure car Martin à décidé de partir tôt demain.
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JOUR11
25 septembre 2008
La fin de la trail

Départ 09H30
Arrivée Ste-Anne des Monts 19H30
299.5KM
temps de déplacement 5H43
moyenne de déplacement 52.4
temps total 7H41

Nous sommes partis de Gaspé sans problème, même la moto de Martin a bien parti... Il faisait beau et même chaud. Rendu dans la trail de VTT les fameuse lisières de truck gelée nous attendent, sinon le trajet fût assez sympathique...

Peu de temps après notre départ je perd un partie de mes bagages... mon sac noir! Martin me le ramena gentiment, on a profite pour enlever nos polars, on a pas fait ça souvent durant le voyage!
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Rendu à Murdochville on dine au resto; la serveuse se rappelait du groupe de Paul Jr alias Gros Buck qui était passé par là cette été. Elle nous informe que la trail de VTT est belle mais qu'effectivement il y a une énorme côte qui lui fait peur lorsqu'elle passe par là... Elle me dit même que cette été il y en a un qui s'est tué dedans. My god, je ne veux pas la faire...
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Nous sommes pas mal épuisé de notre voyage, je me pose la question si on devrait pas prendre l'asphalte et rentrer à MTL... Mais le fait de ne pas terminer par la gravelle me peine énormément alors on fait le compromis de ne pas prendre au complet la trail de VTT et de passer par en arrière rendu au Mont St-Pierre, question d'éviter que j'ai le vertige encore. Une chance le paysage était à couper le souffle. Ce promener en Haute-Gaspésie est indescriptible. Le temps nous manque et la fatigue accumulée on coupé court à notre expédition... De plus, le lendemain vendredi, les chasseurs allaient se rendre à leur camp, alors imaginez partager la route avec tous ces VTT et pick up... non merci.
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Martin à vraiment mangé beaucoup de poussière, il était vraiment marrant à regarder quand nous avons rendu visite à son ami Giovane au Mont St-Pierre! 1H30 plus tard, on reprend la 132 pour se rendre à Ste-Anne des Monts pour faire dodo au Motel. Martin boude le souper, Monsieur est tanné de manger au resto, moi aussi d'ailleurs. On s'endort en une fraction de secondes, nous sommes épuisés!



JOUR12
26 septembre 2008
Le retour

720 km
départ vers 10H00
arrivée à Montréal vers 19H00

Bon on retourne à la maison! On longe la 132 pour continuer de se rincer l'oeil... Cap Chat, Les Méchins, Matane, Le Bic sont des endroits magnifiques. Je pensais que faire 720KM j'allais avoir mal au derrière... Mais non, faut dire qu'il a eu le temps de se durcir pendant 2 semaines. J'ai beaucoup apprécié revenir sur ma grosse GS. Le confort. Je suis excitée de rentrer à la maison, mes parents nous attendent avec un bon repas de Maman. Enfin, de la bouffe maison. On a plein de chose à raconter, tout à coup c'est moi qui est le moulin à paroles!  

Écrire ce compte-rendu m'a rappelé de bons souvenirs, c'est bien de refaire la chronologie des événements car en 2 semaines on les mélanges un peu. Une chance qu'à chaque soir je prenais le temps de faire un résumé de notre journée sur le laptop... et de sauver notre tracé GPS de la journée...  

Une expérience exceptionnelle; visiter notre Québec de cette façon est selon moi la meilleure. N’importe quand je suis prête à repartir avec mon partner, Martin est génial comme compagnon de route, je vous le conseil fortement. Il me donne beaucoup de trucs, et de le voir aller ainsi sur sa belle katoom, je me dis qu'il n'y a pas grand chose qui les arrêtent ces 2 là! De toute beauté. Il me reste juste à mettre en pratique tous les trucs qu'il me donne, de perdre mon vertige, et moi et ma GS nous deviendront des aventurières hors pairs. À nous le monde!      

2178.2 Km de sentiers, chemins de terre, ancien chemin de fer, de bouette, de côtes, de ponts disparus, de poussière, de trou d'eau, de rangs. Mais surtout 2178.2 KM de bonheur à l'état pur.  

En tout nous avons fait 2898.2 KM.